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15 octobre 2006

La rencontre eu lieu à Paris dans les salons de l'hôtel Crillon. Keldiski s'était présenté seul.
Goldenbart avait du repoussé l'invitation de Bernard Ranger, le président de la branche européenne de G&K International, pour une partie de chasse en sologne.
Le samedi matin, les salons du palace étaient emprunts de cette douceur de vivre, et du calme d'une autre époque. À 8h15, le concierge lui annonça la présence de Keldiski.
Une pluie fine s'écrasait sur la mince couche de givre abandonnée sur la chaussée par une nuit sans lune. Goldenbart fixait l'horizon à travers les fenêtres qui ouvraient sur la place de la Concorde. Il était tendu et inquiet, ce qui n'était pas dans son habitude...
Ce qu'il savait de Keldiski sur le plan professionnel ne lui posait aucun problème.
En effet, Keldiski représentait les intérets de capitaux soviétiques avec les quels la G&K avait des ententes commerciales, notamment des participations dans des développements d'oéloducs dans les Balkans, et des entreprises de production de viande de porc dans les plaines à l'est de la Volga. Les affaires marchaient très bien. Mais Keldiski avait prononçé deux mots très distinctement après avoir formulé son invitation par téléphone , deux jours auparavant.
- WURGEL . 1940.
Goldenbart était resté figé quelques instants, avant de se reprendre pour accepter poliment la rencontre.
Il referma la porte de la suite et s'épongea le front avec un mouchoir en rejoignant l'escalier principal. Keldiski lui apparu tel qu'il se l'était imaginé. De corpulence moyenne, le front dégarnit, le visage potelé par la bonne chère et la Vodka, le russe avait un regard pétillant d'où émanait une vitalité détonante avec son embonpoint. Son charme était réel et sa présentation fut si originale, que Goldenbart en oublia quelques instants le motif de leur rencontre...
Keldiski était volubile et jovial. Tout en accompagnant Goldenbart vers les salons, il lui parla successivement du Louvre, qu'il venait de visiter dernièrement, et d'un ouvrage de philosophie qui captivait toute sa réflexion depuis plusieurs semaines.
Ils déjeunèrent généreusement, mais Goldenbart jugea raisonable de mettre un terme à cette ambiance bon enfant en confrontant directement Keldiski:
``-Vous souhaitiez me parler de Wurgel 1940... n'est-ce pas ?``.